17 septembre- Mes deux pieds

Mes pieds se sont déclaré la guerre
Le gauche se pose au sol
Placide y adhère
La peau lisse et ferme
A peine compulsée
D’infimes lignes de vie
Les ongles forts arrondis
Le droit crevassé, blessé
Des lignes de vie infimes
En chemin de vieillesse
S’effeuille perd peau
Et force dans la kératine
Hésite à toucher le sol
Il a mal et se fend
L’autre lui dit
Tu fais tout pour te rendre intéressant
Qu’on s’occupe de toi, qu’on te bichonne
T’es qu’un veule rebelle
Résultat t’es pas beau
Et tu dépares l’ensemble
L’autre lui répond
Je suis fatigué
Marcher, marcher
Sans s’interroger
J’ai le droit de dire « assez »
De m’assécher et d’exiger
Crèmes, soins et massages
Suis peut-être laid pour l’instant
Mais ça ne durera qu’un temps
Je repartirai ensuite vaillant
Tandis que toi tu ne dis rien
Fais ton fier, ton preux
Mais lorsqu’une crampe te saisit
Tu nous fous par terre
Handicape tout le monde
On ne peut plus rien faire
Ainsi disputent-ils
Drapés dans leurs souliers
Et je ne sais plus très bien
S’ils sont deux
S’il sont un
Si l’un fait marcher l’autre
Ou bien si c’est moi

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