Lire de tout son corps
De retour sur terre
La vie est insipide
On ne fait pas les deux
Ce n'est pas vrai
Rien dans la nature
N'est à moitié
On ne peut vivre
Que dans un seul pays
Ou on est déchiré
Alors entre les livres et toi
Pour ne pas aspirer
A la disparition sans culpabilité
Je pense moi qu'il vaut mieux
Question de santé mentale
Se noyer dans les écrits des autres
Et demeurer en être insatisfait
De sa vie
Que de toucher du doigt l'insatisfaction
De vivre
Tu ne sauras jamais
A quel point je t'ai cherché
Ma terre du milieu
J'aurais voulu t'écrire un livre
En puisant mon espoir
Sur les flancs de ta désespérance
Et nous donner ainsi
Une raison d'être en vie
Mais sais-tu seulement
Que je t'écris des poèmes?
Et que sans toi... rien
Qu'importe
J'ai besoin de tes yeux
Ou sans lune ma plume erre
Et je deviens une ombre
26 décembre- Lecture
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25 décembre- Lanterne
Parmi les houles de nuages
Au sombre ramage
J'ai cru distinguer
Une flamme vacillante
Lanterne du marin
Mon coeur avait pensé
Entrelacer nos mains
Et nous arrimer à l'aube
De demain
La voici ce matin
Auréolée de sang
Et je serre les poings
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24 décembre-Noël
C’est Noël
Les amis sont absents
Les groupes disloqués
Et les rues désertes
Chacun est reparti
De là où il vient
Affres et vie,
Conflits et douleurs
En suspend pour un soir
C’est la trêve des confiseurs
En famille on sourit
Et on fait comme si
Les enfants se suspendent aux étoiles
Et autour du sapin, générations réunies
On cesse un instant
De quérir les fragments
D'une raison de vivre
Disparus l’amoureux, l’amant, l’ami
Tu redeviens le fils, ce grand enfant
Au monde sans le vouloir
Mais on t'a désiré
Et tu n’as rien à faire, à concéder ni à donner
Pour recueillir l’amour de ta maman
Accalmie d'une nuit
Et demain matin, petit prince?
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23 décembre- Cadeau: deux poèmes de Louis Brauquier
Si vous ne connaissez pas ce poète, découvrez-le...
Mais plus chaud que l'amour, plus pur que l'amitié
Dépassant la mesure humaine qui te borne,
Forme d'un désespoir qui te fait espérer,
N'es-tu pas cet enfant pétri de solitude
Qui porte son tourment et son rêve à la mer?
Louis Brauquier- Liberté des mers
Peut-être un vieux regret des migrations lentes
Et le goût de l'ouest aux naseaux du matin;
Peut-être une promesse enchanteresse d'îles,
Faite à mi-voix par un voyageur imprécis;
Ou quelqu'ennui au long de corridors trop vastes
De la similitude évasive des jours;
Ou la mission d'appareiller une tristesse
Secrète qu'un ami me confie sans parler,
Me donnent ce désir de voir, un jour encore,
Autour du pont mouillé d'une vapeur du commerce
La pluie tomber sur l'océan Pacifique
Louis Brauquier- Liberté des mers
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19 décembre- Affranchissement
Tout ne se dit pas ni ne s'écrit
Certains élans s'envolent
Depuis un regard, un sourire
Des actes ou dans un cri
S'affranchir...
Des mots et lettres
Cesser de lire ou d'écrire
Les pages et déliés en refuge
Les lettres sont fermées
Et les pages tournent, tournent
Sur elles-mêmes
Paraît que c'est dangereux
Douloureux et même mortel
Vivre c'est aussi les silences épais
Tissés d'espoirs en cocons
Un instant suspendu
Au creux de ta pupille
C'est un éclat de rires
Jeté à la face du monde
Ta main dans la mienne
Comme on scelle un destin
Mon sourire qui court
Des tripes jusqu'à mes lèvres
Et nos corps en aimants
Qui nous amarrent au monde
Nul besoin de dire
Ni de prouver
Vivre c'est le repos de mon âme
Lovée dans les alvéoles
De la tienne
Tout cela je ne l'écrirai
Ni ne le raconterai
Ne le dirai à personne
Mais lorsque je l'aurai vécu
Je te promets qu'alors
Je te donnerai ton nom
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17 décembre- Froid
Dans le blanc du froid
La ville se fige
Les arbres ont déclaré forfait
Quelques fleurs se bagarrent
La Tour Eiffel en grande dame
Se drape de brume
Huileux, les flots de la Seine
Luttent contre le gel
Pour se tenir chaud
Canards et mouettes
Se regroupent
Découpent le ciel
En ombres chinoises
Paris se recroqueville
Ses toits de tuiles grises
Tentent d’échapper au ciel
Lourd de froid et de blanc
Sous les écharpes, les chapeaux
Ou les casques intégraux
On ne voit plus vos yeux
Seul le Grand Palais
Conserve ses oiseaux
Et toute son allure
Libellule d’acier
Il réfléchit le froid
De toutes ses facettes
Décuple chacun
Des rares rayons de soleil :
Il y eut la Reine des Neiges
Voici mon Roi du froid
A 17h précises
S’envolent les étourneaux
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13 décembre- Par deux
L'un a mon corps
L'autre mon âme
Le premier me ramène sur terre
Pour m'élever vers le ciel
Le second est rêves
Et que la terre est belle!
Avec toi
Avec toi
Vraiment
Toujours
Chaque fois
Moi et les mois en émoi
Que je ne soupçonnais pas
Mais toi
Mais vous
Ni le premier
Ni le second
Ne me donnez finalement
Jamais quoi que ce soit
Chez toi et tes bras parenthèse
C'est moi qui trouve et prend
Chez toi, seigneur de mes pensées
C'est moi qui trouve et prend
Je peux m'oublier
Goûter
Là les reliefs de mon corps
Ici les récifs de mon âme
Mais il n'est d'avenir
Sans générosité
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6 décembre- L'araignée
D’un fil tient au monde
Au nôtre trampoline
Descend, remonte
Rebondit, se suspend
Le long d’une corde
Qu’elle a puisée
En son ventre
L'araignée tisse la toile
Extirpe de ses tripes
Vers sa bouche en crochet
La substance
Des pattes en rouets
Elle tricote
Pas de masque
L’araignée fait peur
Aux enfants du matin, chagrin
Aux grands-mères du soir, espoir
Elle endosse l’image
Facettes de ses yeux
Assume son rôle
Là n'est pas l'essentiel
Solitaire
C'est à l’intérieur d’elle
Qu'elle trouve
Les nuées filandreuses
Qui l’aimantent au monde
Assurent son équilibre
La beauté d'une aube
Ruisselle sur sa toile
Elle y loge, y dort
Et capture ses proies
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4 décembre- Ecrire, c'est facile
Comme l’amour
Elle est partout
C’est la misère
Vous ne la voyez pas ?
Quand voir devient savoir
Vous fermez les paupières
Evitez les regards
Du clodo dans la rue
Mais savez-vous seulement ?
La misère est partout
Il ne s’agit pas de cicatriser
Ses blessures le long
Des plaies béantes des autres
Nul n’a le monopole de la souffrance
Mais…
Dans les limbes du passé
Logée comme une balle
Au creux de leur histoire
Elle a tracé des angles
Aux cœurs de tes amis
Sur le pas de ta porte
Ton voisin rapièce
Les lacets de ses gosses
Quelques étages plus bas
Une mère seule ne peut
Acheter des cahiers
A ses mômes
Ils payent leur loyer
Empruntent tes escaliers
Et pas seulement
Crédits à gogo
L’un pour racheter l’autre
Paiement échelonnés
En marches qu’on descend
Plus bas, toujours plus bas
Rapetissent les mois
Déjà plus rien le 15
Et la cantine du p’tit…
Les écrans brillent,
Flambent comme des rêves
Achète, c’est à toi
Là une voiture
Ici tes prochaines vacances
Dans ton cabas
N’oublie pas, n’oublie rien
La nuit quand tu t’endors
Dresse ta liste de courses
La misère de la rue
De la caricature
De la littérature
Allons, soyons modernes
La misère est complexe
Traîne ses guêtres
Dans les rues de Paris
Sous des dehors bonhommes
Se déchaîne en furie
Dans les halls d’immeubles
Des cités HLM
Souffle son air putride
Dans les allées désertes
De nos banlieues dortoirs
Et gangrène les âmes
La misère c’est cette main
Sur ton front
Et tu baisses la tête
Condamné à marcher
Les yeux rivés au sol
Avec pour seul souci
D’éviter la merde
Le poids de tes souliers
Des rêves s’il y en avait
Transformés en langues
Oranges des réverbères
Stagnent au sol
Opaques ne montent guère
Nébuleuse est un mot à la mode
Alors un jour c’est trop
D’être petits
Toujours partout
Le monde sans horizon
Certains claquent un boulon
On les appelle fous
Et l’amour est partout
Mais il longe une route
En lacets rapiécés
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